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Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du Ministère des Finances 2018 (Tables rondes)

Publication : mardi 6 mars 2018 08:56

 

 

            Tables rondes : des échanges très fructueux

Les travaux de la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du Ministère des Finances, édition  2018,  se sont poursuivis autour de deux tables rondes modérées par le Ministre Délégué auprès du Ministre des Finances Elung Paul Che.

 

La première table ronde avait pour thème : « Financer la PME », avec comme principal exposant le Directeur Général de l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (APME).   Jean Marie Louis Badga, a rappelé que  l’Agence sert d’interface entre  les banques et les PME ; puis il a mis en relief l’accompagnement des PME par l’Agence, à travers le rôle d’appui conseil, d’appui à la  formalisation, à l’incubation et à la structuration des PME. Tout cela lui donne du crédit pour présenter à la Banque des PME et aux autres guichets de financement des dossiers bancables. Elle fait aussi la promotion des produits et instruments financiers innovants en faveur des PME et l’orateur a suggéré que le MINFI envisage des mesures incitatives pour les banques qui financent les PME au-delà d’un certain seuil.

Les échanges qui ont suivi ont porté principalement sur les entraves liées au financement des PME et sur les solutions envisagées pour lever lesdites entraves. 

S’agissant des entraves, on a relevé la structuration inappropriée des PME ; la culture de non remboursement des crédits ; la corruption ; le taux élevé de mortalité des PME ; le non accompagnement des PME par les banques et la mauvaise perception des promoteurs de PME.

Pour les  solutions à apporter par l’Etat,  il s’est dégagé un consensus sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires et le système juridique et judiciaire ; de former les promoteurs de PME ; de renforcer les plateformes d’encadrement existantes des PME ; d’accroitre les ressources de la Banque des PME ; d’inciter les PME à plus de transparence, en prévision de leur accès au marché financier et de mettre en place un fonds de garantie.

Les autres acteurs à l’instar des banques et des associations professionnelles, doivent également travailler dans l’optique de l’amélioration des conditions d’accès au crédit, la structuration et l’accompagnement continu des PME.

 

La seconde Table ronde portait sur «  le Programme Economique et Financier : Enjeux et Défis » et était animée par Jean Tchoffo, Président du Comité Technique de suivi des  Programmes Economiques (CTS). De cet exposé, il est à retenir que la situation économique défavorable au niveau mondial, marquée par la baisse des cours du pétrole et des autres matières premières, couplée à un contexte régional où plusieurs pays menaient une politique de grands travaux, a eu pour conséquence de détériorer rapidement les soldes budgétaires et extérieurs des pays de la CEMAC, ainsi que les réserves de changes de la communauté faisant, ainsi passer le taux de couverture de la monnaie de 84% en 2013 à 30% en 2016.

            Ainsi, en droite ligne des résolutions issues du Sommet de la CEMAC du 23 décembre 2016, notre pays a conclu le 26 juin 2017 un Programme Economique et Financier (PEF) soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC)  du FMI, sur la période 2017-2019 et par des appuis budgétaires d’autres Partenaires à savoir : la Banque Mondiale ; la Banque Africaine de Développement (BAD), l’Union Européenne(UE)  et l’Agence Française de Développement(AFD) pour un montant total de près de 1 302 milliards de FCFA. L’objectif principal du P.E.F. est donc de rétablir la soutenabilité des finances publiques et des comptes extérieurs à moyen terme.  La première revue, effectuée du 24 octobre au 03 novembre 2017, a été jugée concluante par le FMI et cette performance a permis le décaissement de la 2ème tranche de l’appui budgétaire du FMI pour 2017, portant ainsi à 161,9 milliards de FCFA le total des décaissements en 2017.

Enfin, l’exposant a situé les enjeux et défis de la mise en œuvre du P.E.F. au niveau de la discipline, dont le Gouvernement devra faire montre, afin de mettre en œuvre les réformes envisagées pour bénéficier des décaissements projetés et de raffermir les conditions devant permettre au secteur privé de prendre le relais de l’investissement public en faveur d’une croissance économique forte et durable.

Les échanges ont ensuite porté sur les défis inhérents à la mise en œuvre satisfaisante du P.E.F. à travers la consolidation budgétaire ; la diversification de l’économie et l’amélioration du climat des affaires. A cet effet, l’accent a été mis sur la cohérence des interventions de l’Etat, la maturation des projets, le suivi rigoureux de la mise en œuvre des réformes envisagées, la discipline budgétaire, le reporting financier, le civisme fiscal, les opportunités offertes aux PME par le démantèlement des barrières douanières des produits du 1er et 2èmegroupe dans le cadre de l’APE avec l’UE.

D’autres préoccupations ont été abordées par les participants, notamment : la préservation des dépenses sociales en dépit de la réduction du train de vie de l’Etat ;  le risque sécuritaire qui persiste, avec ses conséquences néfastes sur l’activité économique et la mobilisation des recettes fiscales ; l’absence de champions nationaux susceptibles de tirer la croissance de l’économie.

Au terme des échanges, il s’est dégagé la nécessité d’accélérer et de faire aboutir les réformes structurelles clairement identifiées dans le PEF et de renforcer les capacités  en ressources humaines de l’Etat pour accompagner durablement les réformes.

            Rachel Ngah

 

 

  • CATB2018_00001
  • CATB2018_00002