L’assurance fait son apparition dans la plupart des pays de la zone franc durant la période coloniale. Les premières opérations sont présentées par les comptoirs de certaines maisons de commerce, pour prémunir les propriétaires de biens contre d’éventuelles avaries. Par la suite et à la faveur des transactions commerciales qui se développaient, la métropole qui était soucieuse de sauvegarder ses investissements, a incité les compagnies de son marché à s’implanter sur les territoires coloniaux où celles-ci exerceront sous forme de succursales ou de simples agences.
Avec les indépendances qui s’annonçaient au début des années 60 et les transferts de compétence qui allaient être subséquents, la Direction des Assurances de France a organisé dès 1959 plusieurs assises visant à imprégner les représentants des colonies en matière d’assurance. C’est au cours de ces assises que les premiers textes réglementant cette activité en Afrique francophone vont être élaborés, avec notamment la mise sur pied d’une convention approuvée à Paris le 17 Juillet 1962 par quatorze Etats africains et la France. Ladite convention créait la Conférence Internationale des Contrôles d’Assurances (CICA) dont l’objectif principal était d’instaurer une harmonisation de la réglementation dans les Etats membres.
Le 27 Novembre 1973, la France se retire de la CICA qui devient un organisme essentiellement africain. Son siège qui se trouvait initialement à Paris, est transféré à Libreville au Gabon en 1976.
Au Cameroun, l’autonomie ainsi prise par les pays africains membres est à l’origine, en 1973, de la deuxième ordonnance prise en matière d’assurance par les législateurs nationaux, après celle de Mars 1962 qui jeta les premières bases du droit camerounais des assurances. Il s’agissait d’encadrer cette activité qui était réglementée jusqu’alors par la loi française du 13 juillet 1930 connue sous le nom de loi 30. L’ordonnance de 1973 a contribué à accroitre les compétences des autorités publiques quant à la surveillance du marché, étant entendu qu’elle stipule que toutes les sociétés d’assurances y exerçant doivent désormais être de droit camerounais.
Dans ce contexte d’africanisation du secteur, les agences représentant les compagnies étrangères vont se conformer aux nouvelles exigences réglementaires, pour être autorisées à exercer. Ces officines vont se regrouper pour former des sociétés répondant aux nouvelles normes relatives à la taille financière minimale. Par ailleurs, l’Etat va marquer sa présence au sein de ces sociétés par des prises de parts dans leur capital. C’est ainsi qu’après la compagnie Assurances Mutuelles Agricoles du Cameroun (AMACAM), d’autres sociétés d’assurances de droit camerounais virent le jour notamment : la Société Camerounaise d’Assurances et de Réassurances (SOCAR), la Compagnie Camerounaise d’Assurances et de Réassurances (CCAR), la Société Nouvelle d’Assurances du Cameroun (SNAC) et la Guardian Royal Exchange Cameroun (GREACAM).
Cependant, la crise économique des années 80 a considérablement ralenti cet essor des activités dans le domaine des assurances. Pour y remédier, les autorités ont commis un groupe d’experts qui s’est réuni dès 1989 pour proposer des solutions visant à restructurer le secteur.
Parallèlement, les efforts d’élaboration d’une législation unique dans les pays de la CICA se sont poursuivis avec diverses modifications apportées à l’ordonnance de 1973. Ainsi, une réunion de la Zone Franc tenue à Paris a abouti en date du 20 Septembre 1990, à une nouvelle convention de coopération signée par les Etats africains qui ont relevé des insuffisances dans le fonctionnement et les attributions de la CICA. En effet, les décisions de cette institution se heurtaient à l’indifférence des pays membres étant entendu qu’elle n’avait pas un réel pouvoir de coercition. La Convention de Coopération pour la Promotion et le Développement de l’Industrie des Assurances (CCDPIA) voit ainsi le jour, avec comme innovation la création de deux organes en son sein dont un Conseil des Ministres des Assurances et une Commission Interétatique de Contrôle des Assurances.
La convention précitée a été conclue en prélude à la signature, le 10 juillet 1992 à Yaoundé, du traité instituant la « Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances » en abrégé CIMA. Ce nouveau cadre législatif qui régit le fonctionnement du secteur dans les Etats signataires du traité, va au-delà d’une simple harmonisation de la réglementation puisqu’il instaure une organisation intégrée de l’industrie des assurances entre les pays membres. Ceux-ci sont au nombre de quatorze. Au Cameroun, le Traité CIMA est rentré en application en Février 1995.